Évidemment, il existe différents types d’écrivains. Nous n’écrivons pas tous de la même manière, et chacun développe, avec le temps et les projets, ses propres habitudes. Et elles évoluent, se transforment, et parfois disparaissent au fil des livres écrits. Se fermer dans des étiquettes peut être limitant, voire contre-productif. La célèbre opposition entre « jardiniers » et « architectes », popularisée par George R. R. Martin, a d’ailleurs été remise en question à de nombreuses reprises. Plutôt que de nous figer dans ces catégories, il est plus pertinent d’observer nos propres fonctionnements. Mais sii le sujet vous intéresse, je vous invite à lire cet article de Monde Fantasy : Les architectes et les jardiniers n’existent pas
Ce que nous allons explorer ici, ce n’est pas une classification rigide, mais une observation de comment nous fonctionnons déjà, souvent sans même s’en rendre compte. Parce qu’avant de choisir une méthode, il faut comprendre ce qui nous anime, ce qui nous porte, ce qui nous fait écrire plus facilement. Et pour t’aider à prendre conscience de tes propres tendances, j’ai créé un quiz narratif interactif : pas de profil type à la fin, mais une histoire qui s’assemble au fil de tes réponses. Une histoire d’un écrivain qui est peut-être en toi.
Comment fonctionne chacun ?
Avant de chercher quelle méthode adopter, il faut d’abord observer comment on fonctionne déjà, souvent sans même s’en rendre compte. Nous parlerons donc pas de méthode, mais de nos habitudes qui, mises ensemble, dessinent déjà une bonne partie de notre façon d’écrire.
Par exemple, certains écrivains sont du matin : l’esprit encore embrumé, avant que les sollicitations extérieures n’envahissent la journée, ils trouvent une forme de fluidité presque méditative. D’autres préfèrent l’après-midi, quand le corps et l’esprit sont pleinement réveillés. Il y a aussi les écrivains du soir, qui ont besoin que la journée soit terminée pour libérer leur créativité, et enfin les écrivains de nuit, on peut citer Marcel Proust, qui écrivait surtout la nuit depuis son lit. On retrouve aussi la question sur la structure qui fait débat, et on dont certain se revendique Architecte ou Jardinier. Mais, il existe d’autre voix, comme celle-ci : construire l’univers, les personnages et les grandes lignes en amont, puis laisser l’écriture elle-même se dérouler de façon plus libre, scène après scène. Le rapport au temps d’écriture varie également. On peut avoir besoin d’un long temps de mise en route, presque un rituel, avant que les mots ne commencent à couler, mais une fois lancés, ils peuvent écrire pendant des heures, en marathon. D’autres, à l’inverse, démarrent rapidement mais tiennent sur des sessions courtes et intenses, plus proches du sprint que de l’endurance.
Et on peut citer de nombreux critères comme ça, il en a beaucoup, comme le support, l’environnement, le bruit, la solitude… Et qui sait si l’avenir, n’inventera pas une autre manière d’écrire et ne ressortira pas du placard de vieille méthode. Quand on regarde, que la machine a écrire est revenu à la mode à un moment.
Mais il faut savoir que ces différences ne sont pas le fruit du hasard. Elles s’expliquent par la rencontre de plusieurs facteurs propres à chacun : notre rythme biologique, qui détermine naturellement les moments où notre concentration et notre créativité sont au plus haut ; notre personnalité, certains ayant besoin de contrôle et de structure pour se sentir en confiance, d’autres se nourrissant au contraire de spontanéité et d’imprévu ; notre histoire personnelle aussi, les habitudes prises dès l’enfance ou pendant nos études influençant durablement notre rapport à l’écrit ; et enfin notre environnement de vie, qui impose parfois des contraintes (un emploi du temps chargé, un logement bruyant, peu de temps disponible) auxquelles on s’adapte sans même s’en rendre compte.
Comprendre ce « pourquoi » permet de ne plus voir nos habitudes d’écriture comme de simples caprices ou des contraintes à corriger, mais comme le reflet logique de qui nous sommes. Ce n’est qu’en saisissant cette logique propre à chacun qu’on peut ensuite, en connaissance de cause, choisir de la respecter ou, au contraire, de la faire évoluer. L’écriture est une affaire de rythme personnel, et ce rythme se joue à plusieurs niveaux.
Comment connaitre nos besoins ?
La première réponse, c’est l’expérience et le temps. On se connaît en testant, en observant ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas, séance après séance. Mais ces besoins ne sont pas figés. Ce qui fonctionnait pour vous il y a deux ans peut ne plus fonctionner aujourd’hui, et inversement. Ne vous enfermez donc pas dans une étiquette définitive : restez ouvert à l’expérimentation, même après avoir cru « trouver votre méthode ». Attention cependant à un piège : trop expérimenter peut devenir contre-productif. Changer constamment de méthode, de lieu, d’horaire, risque de faire perdre du temps d’écriture réel, ou de créer une confusion qui empêche justement de se connaître. L’idée n’est pas de tout essayer en permanence, mais de s’écouter, d’identifier ce qui procure un sentiment de confort et de fluidité, et de s’y tenir tant que ça fonctionne.
Il existe de nombreuses méthodes d’écriture qui découle de nos petite manies, et c’est une bonne nouvelle : cela signifie qu’aucune n’est obligatoire, qu’on n’est enfermé dans aucun moule. En revanche, il est difficile, voire impossible, de toutes les connaître. L’objectif n’est donc pas l’exhaustivité, mais la pertinence : trouver ce qui vous correspond, à vous, à ce moment de votre parcours. Enfin, ne limitez pas cette réflexion à la phase d’écriture seule. Le fonctionnement personnel se joue aussi dans la réécriture : certains réécrivent au fur et à mesure, d’autres seulement à la fin, certains ont besoin de mettre le texte de côté avant de le retravailler, d’autres préfèrent enchaîner immédiatement. Se connaître, c’est se connaître à toutes les étapes du processus créatif.
Parlons-en et testons !
Pour chaque question, choisis la réponse qui te correspond le plus instinctivement, pas celle qui te semble « la bonne ».
Il n’y a pas de « résultat » à proprement parler : l’idée est de prendre conscience de tes tendances actuelles. Note tes réponses, et reviens-y dans quelques mois, tu y découvriras peut-être un changement dans ton histoire.
PS : Ce n’est pas un profils type à la fin, mais une histoire d’un de l’écrivain qui est peut-être en toi.
Un petit jeu d’écriture
Quel type d’écrivain es-tu ?
Cinq scènes, cinq choix instinctifs — et à la fin, une histoire qui te ressemble peut-être, écrite avec les habitudes que tu viens de révéler.
Ton histoire d’écriture
Une parmi 567 possibles
Des histoires, il en existe d’innombrables — n’hésite pas à écrire la tienne, et à la partager.
L'écriture n'est jamais une question de bonne ou mauvaise méthode, mais de celle qui nous correspond. Chacun de nous porte en soi un rythme, des habitudes, des besoins qui sont le reflet de notre personnalité, de notre histoire, de notre environnement. Ces différences ne sont donc pas le fruit du hasard. Elles s'expliquent, elles ont une logique. Et quand on comprend cette logique, on ne voit plus nos habitudes d'écriture comme de simples caprices ou des contraintes à corriger, mais comme le reflet de qui nous sommes.
Le plus important, ce n’est de ne pas se fermer. Ce qui fonctionnait pour toi, il y a deux ans peut ne peux plus fonctionner aujourd'hui, et inversement. Restez ouvert à l'expérimentation, même après avoir cru "trouver votre méthode", mais attention de ne pas se perdre. L'objectif n'est pas l'exhaustivité, mais la pertinence : trouver ce qui vous correspond, à vous, à ce moment de votre parcours.
Et n'oubliez pas : se connaître, c'est se connaître à toutes les étapes du processus créatif. Ne limitez pas cette réflexion à la phase d'écriture seule. Le fonctionnement personnel se joue aussi dans la réécriture.
Des histoires, il y en a des innombrables. N'hésite pas à écrire la tienne et à la partager.





