Quand on commence à écrire une histoire imaginaire, que ce soit un livre fantasy, un récit de science-fiction ou même du fantastique, on se confronte tôt ou tard à une question essentielle : comment faire croire à l’incroyable ? Comment transporter le lecteur dans un monde qui n’a jamais existé, avec ses propres lois, sans qu’il lève les yeux au ciel ?
Il est fondamental de comprendre pourquoi le lecteur accepte de suivre le récit, même si tout semble irréel. C’est ici qu’intervient un outil fondamental pour écrire un livre dans les genres de l’imaginaire : la suspension consentie de l’incrédulité. Sans elle, même le meilleur worldbuilding ne suffit pas.

Et dans tout les genre imaginaire deux d’entre eux ont trouvé une réponse. C’est là en imaginaire, où on entend parler des TGCM et TGCQ, qui marche énormément. Et dont, je dois l’admettre à tendance à m’hérisser les poiles quand son utilisation est utiliser à tout vas. Et je crois n’être pas là seule dans ses moments. Enfin, lui aussi à ses limites, heureusement !
Donc attention : si la cohérence n’est pas au rendez-vous, tout s’effondre et le lecteur décroche.
Partie 1 : La suspension consentie de l’incrédulité
Un peu de définition
Ce concept porte plusieurs noms :
- « Suspension volontaire de l’incrédulité »
- « Trêve de l’incrédulité »
- « Suspension d’incrédulité »
Il désigne l’acte mental par lequel un lecteur ou spectateur accepte volontairement de mettre entre parenthèses son scepticisme, le temps d’une œuvre de fiction. C’est une forme de contrat implicite entre l’auteur et le public : “Je sais que ce n’est pas réel, mais j’accepte d’y croire… à condition que tu ne trahisses pas ma confiance.” Et que c’est le cas, on sort de l’histoire. Ça nous est tous arrivés de tomber sur une oeuvre
Cela permet aux lecteurs d’entrer pleinement dans un livre imaginaire, d’être émus, surpris ou émerveillés, même si les dragons, la magie ou les univers parallèles n’existent pas dans notre réalité.
Il a toujours des limites
Mais cette suspension n’est pas inépuisable.
Un lecteur peut cesser d’y croire pour plusieurs raisons :
- un worldbuilding bancal,
- des règles magiques incohérentes,
- des personnages qui agissent sans logique interne…
En bref, écrire une cohérence interne stricte. Sinon, la suspension d’incrédulité s’effondre, et le lecteur sort brutalement de l’histoire.
Mais d’où vient son origine ?
La notion a été formalisée par Samuel Coleridge, poète romantique anglais, dans sa Biographia Literaria (1817), qui parlait de “willing suspension of disbelief”. Ainsi, l’auteur appelle à « cette suspension volontaire de l’incrédulité pour l’instant qui constitue la foi poétique » : lors de la lecture, on s’abandonne temporairement à la vision du monde de l’auteur, assez longtemps pour apprécier l’œuvre. Coleridge utilise ce concept dans ses propres poèmes, dont « Rime of the Ancient Mariner ». Les lecteurices doivent accepter la véracité du récit de l’ancien marin.
Mais l’idée existait déjà chez Horace (Ars Poetica) et chez Shakespeare. Le premier, dans son Ars poetica, se penche sur la correspondance entre la peinture et la poésie ; le second en appelle au public dans le prologue de sa pièce Henri V :
[…] nous mettions en œuvre les forces de vos imaginations. […] Suppléez par votre pensée à nos imperfections […] et créez une armée imaginaire. […] Car c’est votre pensée qui doit ici parer nos rois, — et les transporter d’un lieu à l’autre, franchissant les temps — et accumulant les actes de plusieurs années — dans une heure de sablier.
Et la fiction en a besoin, de cette suspension de l’incrédulité ! Plus la littérature s’éloigne du réel, plus l’artiste se repose sur ce consentement intrinsèque de son lectorat : il n’est pas étonnant que ce soit en premier lieu avec les genres comme l’horrifique et le fantastique que cette notion soit apparue. En raison, que ces des genres qui joue avec le réel et l’irréel. Puis, plus tard, elle devient une absolue nécessité pour les littératures de l’imaginaire (fantasy, science-fiction…). Par exemple, à aucun moment, on doute des sabres lasers ou de la force dans Stars Wars, ça nous parait naturelle dans l’histoire.
Partie 2 : TGCM et TGCQ
Deux définition en plus
TGCM = Ta Gueule, C’est Magique
TGCQ = Ta Gueule, C’est Quantique
Ce sont des expressions ironiques qui servent à justifier une incohérence ou une facilité scénaristique dans une œuvre. En gros : « Ce n’est pas logique, mais c’est magique/scientifique, alors tais-toi et accepte. »
Ces “raccourcis” sont parfois utilisés par :
- l’auteurice lui-même pour clore une question gênante,
- des fans voulant défendre l’œuvre,
- ou des néophytes pour éviter les débats.
Toujours des limites
Dans un livre fantasy, ces justifications peuvent vite devenir agaçantes si elles sont trop fréquentes. Il ne faut pas confondre :
- cohérence interne : respecter les lois de l’univers que vous avez créé,
- et réalisme : coller au monde réel, ce qui n’est pas obligatoire.
Un bon récit imaginaire peut ignorer les lois de la physique, mais pas les lois de son propre monde. Même dans un univers absurde comme les Annales du Disque-Monde, il existe une logique interne stricte. Écrire un genre imaginaire, ce n’est pas écrire sans règles : c’est créer ses propres règles… et s’y tenir.
Origine
C’est un sigle qui vient de l’univers des jeux de rôle. Et qui semble prendre son origine dans deux ex machina, qui vient pour le coup du théâtre. Le deux ex machina, c’est littéralement le « dieu qui sort de la machine(rie) », figure issue du théâtre antique : un dieu surgit pour résoudre une situation sans issue. Utilisé sans précaution, ce procédé peut frustrer plus que surprendre.
Écrire une histoire imaginaire, un livre de fantasy ou tout autre roman de l’imaginaire, c’est inviter le lecteur à suspendre son incrédulité pour plonger dans un univers inventé. Ce n’est pas seulement faire preuve de créativité. C’est aussi bâtir une structure cohérente dans laquelle l’invraisemblable devient crédible.
La suspension consentie de l’incrédulité est un pacte fragile. Vous pouvez l’étirer, mais pas indéfiniment. Si vous abusez de la facilité ou des incohérences, votre lecteur risque de décrocher, même si votre univers est par ailleurs fascinant.
Mais cette magie n’opère que si la cohérence et la crédibilité sont au rendez-vous. Les TGCM et TGCQ peuvent dépanner, mais il ne remplaceront jamais un worldbuilding réfléchi et une logique interne solide. Retenez que chaque détail compte pour permettre à votre lecteur de croire à votre livre imaginaire, de s’attacher à vos personnages et de vibrer avec votre histoire. Par conséquence, prenons le temps de créer des univers et des personnages bien ficeler, sans oublier une cohérence scénaristique, moi y compris, car même un écrivain confirmer peut se tromper.
Dosage, cohérence et respect des règles internes !
N’hésitez pas à partager vos expériences, vos méthodes et vos astuces pour écrire de la fantasy ou un livre imaginaire réussi. C’est en échangeant que l’on progresse, et que l’on fait vivre la magie des mondes inventés !


